John Ramster

Le choix de Simon

« Puis-je faire une remarque ? J’accepterais sans hésiter d’avoir un salaire inférieur à celui du sexe opposé, mes règles tous les mois et d’accoucher sans péridurale si l’on me donnait accès à de tels orgasmes. Avec le sourire, qui plus est. Ils relégueraient mes cinq petites secondes de contorsions-éjaculation au rang d’éternuement. Pendant ma mini-nova de plaisir, le corps de Ruth ruait dans tous les sens et escaladait pic après pic. Ca ne ressemblait pas vraiment à des vagues successives, mais il semblait évident que la marée n’allait pas tarder à l’engloutir. C’était un orgasme féroce. Du cent pour cent pur beurre. Alors que moi, je devais me contenter de cette misérable margarine allégée. »
Chap.10.

« -La première fois que je t’ai vu, je me suis dit : cet homo potelé est adorable.
Potelé, le mot le plus cruel du système solaire. »
Chap.11.

« Depuis que je sortais avec Ruth, je faisais un régime pour être « plus svelte ». Comme tout le monde, j’ai tendance à perdre du poids quand ma vie amoureuse reprend du poil de la bête. Sauf que, quand j’en perds trop et que j’ai l’air maigrichon, j’angoisse à l’idée d’avoir attrapé le sida à force de passer mon temps à m’envoyer en l’air. Aussi, pour me calmer, je me remets à manger, je gonfle, et je me fais larguer parce que j’ai soudain le tour de taille de la statue de la Liberté. Mon cycle habituel. Chacun ses petites paranoïas. »
Chap.12.

« Sarah, qui avait retrouvé un peu de bonne humeur, s’essuya le nez sur la manche de son manteau, avec une mine espiègle. Ruth a initié ses filles aux subtilités du mouchoir, et nous sommes sortis de la zone de « perturbations susceptibles d’occasionner des traumatismes à vie » pour retourner dans le « banal quotidien biodégradable ». Le soulagement général était palpable. Fin de la cellule de crise. »
Chap.14.

« J’ai dû m’assoupir car, quand j’ai rouvert les yeux, l’ampoule du plafond était éteinte, des bougies éclairaient la pièce et un bâton d’encens brûlait sur un petit support.
Une chaîne stéréo invisible passait une drôle de musique new age, ponctuée de cris de baleine. Patrick était assis en tailleur, devant le miroir. Bizarre. Il s’était peut-être converti au bouddhisme à Hong-Kong ? Il a vidé la deuxième bouteille, l’a posée à côté de lui et s’est retourné pour s’assurer que je dormais toujours (j’ai fermé les yeux juste à temps). Il s’est levé et a déboutonné son jean, qui est tombé sur ses chevilles. Après quoi il a baissé son boxer, et s’est contemplé dans la glace en se caressant les couilles. Il avait un cul superbe. Dommage que cette méchante cicatrice lui barre la cuisse gauche. Comment s’était-il blessé ? Il a commencé à se branler d’une main, pendant que l’autre déboutonnait sa chemise. Ca ne ressemblait pas du tout à du bouddhisme. »
Chap.15.

« Nous avons pénétré dans l’allée de la maison. La mère de Ruth nous a ouvert la porte. Très chic : rang de perles et léger cardigan jeté sur ses frêles épaules. L’air plutôt sympathique, à première vue. Juste un peu propre sur elle. Elle ne paraissait pas aussi chaleureuse que sa fille, mais pas impitoyable non plus. J’espérais ne pas me tromper. Un nuage de buée sortait de sa bouche.
-Elle lance des flammes, ai-je murmuré, paniqué, à Ruth, qui me conseilla de me calmer et de grandir. »
Chap.16.

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