Bernard Werber
Les thanatonautes
« Le paradis est mon seul pays, ma seule patrie, l’unique objet de mon chauvinisme. Je suis d’ici. Il me semble avoir toujours connu cet endroit, avoir toujours su que de là je venais et que là je devais retourner. Sur terre, là-bas, si bas, je n’étais que de passage. En vacances. Je suis un ectoplasme, je n’ai jamais vraiment été Michael Pinson. Je ne suis qu’un pur ectoplasme. Jamais je n’ai été ce triste, ce stupide Michael Pinson.
Il est si bête, ce type, alors que mon vrai moi est si…léger. La légèreté, voilà la vertu cardinale. Mon ambition est de demeurer une vapeur pensante. »
Chap. 199
« J’assistais à l’accouchement. Que c’était beau ! Un baiser, une étreinte et neuf mois plus tard, tant d’amour se transformait en 3,2 kilos d’une tendre petite boule rose, assoiffée d’affection. Jamais je n’avais été aussi ému. Même la vision du continent des morts n’était rien, comparée à ce miracle si simple et des milliards de milliards de fois répétés : l’éclosion d’une vie. »
« Le monde n’est par lui même ni bon ni mauvais. La nature, Dieu, ou quelque principe que ce soit à qui nous attribuons la direction de notre existence, n’apportent ni récompense, ni châtiment. À nous de tirer leçon de nos expériences. Il n’est qu’une seule faute : l’ignorance.
Toute l’histoire de l’humanité est pleine d’abominations et d’atrocités. À nous encore d’en tirer les leçons. Un enseignement reçu dans la douleur est toujours plus efficace qu’une leçon apprise dans la joie. (…)
Le but d’une existence n’est pas la bonté. Le but d’une existence est la réalisation de soi-même. Le but d’une existence n’est pas d’être gentil, mais d’être sans cesse conscient. Le but d’une existence est d’abolir l’ignorance.
En Italie, durant les trente ans de règne des Borgia, le pays a connu la guerre, la terreur, le meurtre, l’empoisonnement et a produit Léonard de Vinci, Michel-Ange et tout le courant spirituel de la Renaissance. En Suisse, ils ont l’amour fraternel, cinq siècles de paix et de démocratie, et qu’est-ce qu’ils ont produit ? Des montres pour pouvoir mesurer précisément le temps de leur ennui sans fin.
Depuis la nuit des temps, le Bien lutte contre le Mal, le Beau contre le Laid, le Vrai contre le Faux, le Yang contre le Yin, et c’est de cette confrontation constante qu’ont toujours jailli le savoir et le progrès car les uns ne sont jamais allés sans les autres.
Or, avec la connaissance du Continent Ultime, avec cette tendance humaine de vouloir tout simplifier, les gens ont ramené le but de l’existence à une seule et unique exigence : la bonté ! Quelle erreur ! En vérité, je vous l’affirme, le Mal est indispensable à l’équilibre des choses ici-bas. »
L’empire des anges
« Allons jusqu’au bout de nos erreurs sinon nous ne saurons jamais pourquoi il ne fallait pas les commettre. »
Chap. 84
« Il est étonnant que dès qu’un pouvoir centralisé et hiérarchisé s’installe, quelle que soit son étiquette, il commence par persécuter les juifs. Nabuchodonosor, Ramsès II, Néron, Isabelle la Catholique, Saint Louis, les Tsars, Hitler, Staline… Intuitivement les chefs totalitaires savent que, là où il y a des juifs, il y a des individus difficiles à endoctriner car leur pensée est née il y a cinq mille ans et est basée non pas sur le culte d’un chef guerrier charismatique mais sur un livre d’histoires symboliques. »
Chap. 161
« L’amour pour arme, l’humour pour bouclier. »
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